Moins d’idéologie, davantage de réalisme
Par Walter Willener, député UDC, Auvernier
En ma qualité de président, j’ai eu l’honneur de conduire , en février et en mars dernier, les débats du Grand Conseil lors de l’examen de la révision de la loi cantonale sur l’énergie. Suite au refus d’un renvoi en commission, la discussion s’est engagée en plénum avec 46 amendements déposés sur le bureau présidentiel. Du jamais vu. Sur l’instigation des Verts ,la majorité de gauche a fait le forcing, en refusant systématiquement toutes les propositions de compromis et surtout en renforçant encore le caractère fondamentaliste du projet du Conseil d’Etat. Tout au long des débats, j’ai ressenti une forte tension au sein de l’hémicycle. Après avoir franchi la ligne rouge avec l’obligation généralisée à tous les bâtiments du canton de l’établissement d’un certificat énergétique, et à l’annonce d’un référendum par les porte-paroles des groupes PLR et UDC, les Verts ont soudain pris peur et ont tenté de relativiser la protée des dispositions votées, renvoyant par exemple au futur règlement d’exécution qui pourrait être conçu plus souplement que la loi ! Curieuse vision de la politique. Et aujourd’hui, ce règlement n’existe tout simplement pas, puis que le référendum lancé par la droite politique et les milieux économiques et immobiliers a largement abouti.
Le débat a mis en évidence deux approches fondamentalement différentes de la problématique de l’énergie. A gauche et chez les Verts en particulier, c’est l’idéologie, c’est l’intégrisme qui prévalent. Ainsi, on part de l’a priori que tout propriétaire est riche, qu’il n’a pas le souci des économies d’énergies et qu’il paie ses factures de mazout avec plaisir. Bref, un propriétaire est un personne irresponsable et infréquentable qu’il faut ramener à la raison par les obligations, des contraintes et des interdictions. Cette approche se traduit dans la loi contestée par les obligations de se raccorder à un chauffage à distance, de faire établir un certificat énergétique pour tous les bâtiments, de prendre des mesures d’assainissement, de mettre des panneaux solaires sur tous les bâtiments neufs, etc…
L’approche de la droite (PLR et UDC est bien différente. Un propriétaire est une personne responsable qui est mesure, de juger, au vu de l’évolution des coûts de l’énergie, s’il est judicieux d’investir dans l’assainissement de son bâtiment et de réduire ainsi sa facture de chauffage. J’en veux pour preuve que depuis la dernière flambée du prix du mazout, il n’a jamais autant de bâtiments avec des échafaudages dans ce canton. Cela montre que le système incitatif actuel, qui pourrait certes encore être amélioré, par exemple au niveau de la fiscalité, fonctionne et qu’il est utilisé de manière responsable par beaucoup de propriétaires.
Il faut aussi dire que les obligations sont source de nombreuses démarches administratives et de contrôle coûteux. En plus, la loi contestée n’offre aucune possibilité d’aides financières nouvelles.
En conclusion, l’idéologie, l’intégrisme et les obligations n’apportent rien en matière d’économies d’énergie. Le pragmatisme, le réalisme et surtout l’incitation doivent être le moteur qui anime tous les Neuchâtelois et Neuchâteloises pour réduire la consommation énergétique. Je voterai donc NON à la révision de la loi cantonale sur l’énergie le 29 novembre prochain. Merci d’en faire de même.